Mode et Vêtements : Quelles sont les matières éco-responsables ?

Mode et Vêtements : Quelles sont les matières éco-responsables ?

Pour fabriquer des vêtements, des chaussures ou des sacs, il nous faut des matières premières. Celles-ci constituent le premier maillon de la chaîne de production, et leur choix revêt une grande importance.

Actuellement, l'industrie de la mode repose sur un système linéaire qui consomme d'importantes quantités de ressources, notamment des ressources non renouvelables telles que le pétrole, pour produire des fibres.

Aujourd'hui, il existe trois types de matières principales, voici un petit guide qui peut vous être utile :

Les matières naturelles

Dans cette catégorie, on retrouve les matières végétales et animales.

1. Matières végétales

Le coton, le raphia, le lin, le chanvre, le latex naturel, le caoutchouc, entre autres, sont des matières naturelles issues de végétaux. La fleur est utilisée pour tisser le coton, les tiges pour le lin, et la sève pour le caoutchouc. Environ 24 % de la production mondiale de fibres textiles provient du coton (Source : ADEME). La culture du coton nécessite beaucoup d'eau, de soleil et de pesticides, ce qui a des répercussions majeures sur la biodiversité, la santé des agriculteurs et soulève des problèmes éthiques et sociaux dans certaines régions du monde. La culture biologique du coton permet de réduire ces impacts.

2. Matières animales

Nos vêtements peuvent également être fabriqués à partir de matières d'origine animale, telles que le cuir (de vache, de mouton, d'agneau), la laine (de mouton, de lapin, d'alpaga, etc.), la soie (issue des vers à soie du mûrier) ou encore la fourrure. Dans certains pays, les conditions de vie de ces animaux sont difficiles, avec des espaces restreints, une alimentation insuffisante et des mauvais traitements.

Des matières animales peuvent également être considérées comme écologiques si les conditions de vie des animaux et des travailleurs sont respectées (le label GOTS garantit ces conditions) et si l'élevage est pratiqué de manière responsable, car il nécessite une grande quantité d'eau et de vastes étendues de terres.

La question du cuir

Le cuir reste une matière controversée dans les marques éthiques. Consommer du cuir encourage l'élevage, même si ce n'est pas son objectif principal. Bien que le cuir soit principalement un sous-produit de l'industrie de la viande et du lait, et que l'industrie du cuir "valorise ces déchets", elle contribue tout de même à la rentabilité de l'élevage. La question du bien-être animal se pose donc également pour le cuir.

Cependant, il est indéniable que le cuir présente des avantages par rapport aux alternatives synthétiques. Il est quasi imperméable à l'eau, chaud tout en étant respirant, absorbe l'humidité de la transpiration, ce qui limite les odeurs, est confortable et résistant. Il est donc recommandé de vérifier la provenance du cuir acheté pour s'assurer que les animaux sont élevés dans les meilleures conditions possibles. De plus, il est conseillé de limiter les achats en cuir, car les articles en cuir bien entretenus peuvent durer longtemps.

Les matières synthétiques

1. Les matières synthétiques

L'acrylique, l'élasthanne, le nylon, les polyamides et le polyester sont obtenus par synthèse de composés chimiques dérivés du pétrole, une source d'énergie fossile non renouvelable et hautement polluante, émettrice de gaz à effet de serre (Source : Le revers de mon look, ADEME).

Actuellement, 70 % des fibres synthétiques produites dans le monde proviennent du pétrole. La fabrication de vêtements à partir de ces matières plastiques consomme 342 millions de barils de pétrole chaque année, représentant 1 % de la production mondiale de pétrole (Source : Fondation Ellen MacArthur 2018 et n°64 de La Revue Durable, 2020).

2. Les matières artificielles

Le bambou, l'eucalyptus, le hêtre, la viscose, le lyocell, etc., sont des fibres obtenues à partir de ressources naturelles telles que la cellulose de bois, le soja ou le maïs, en utilisant des procédés chimiques. Ces procédés peuvent être optimisés par une approche d'éco-conception. Cependant, les cultures associées à ces fibres peuvent également avoir un impact environnemental significatif et entrer en compétition avec des productions destinées à l'alimentation humaine.

Les alternatives au cuir

Commençons par dire que le terme "cuir vegan" est incorrect, car il n'existe pas de cuir d'origine végétale. Les produits qui tentent de reproduire l'aspect du cuir sont plutôt appelés des alternatives au cuir. Aujourd'hui, nous manquons de certitudes quant à leur durabilité, car elles sont relativement récentes.

La matière la plus courante utilisée pour remplacer le cuir véritable est le "cuir synthétique", fabriqué à partir de plastique tel que le PVC ou le PU. Cette fabrication, issue du pétrole, est très polluante. Malgré cela, cette alternative parvient à imiter efficacement les différentes caractéristiques du cuir et est disponible dans une variété de couleurs et de textures, ce qui la rend attrayante (Source : Refashion).

En parallèle, de nouvelles matières d'origine végétale émergent, notamment à base de champignons, de liège, de chanvre, d'ananas, d'eucalyptus et de pomme, réputées pour leur moindre impact environnemental. La fabrication de ces matériaux utilise les sous-produits de l'agriculture, tout comme le cuir. Il convient donc de rester vigilant, car, tout comme pour le cuir, ces nouvelles matières peuvent entraîner une augmentation de la rentabilité des plantations et contribuer aux tensions concernant l'utilisation des terres.

Enfin, bien que ces matériaux soient d'origine végétale, il est important de noter qu'ils utilisent souvent des liants d'origine pétrolière et émettent donc des gaz à effet de serre. Bien que ces émissions soient nettement inférieures à celles de l'industrie du cuir, elles doivent être prises en considération, surtout compte tenu de l'incertitude quant à leur durabilité.

Cependant, la production utilisant des biomatériaux reste globalement plus respectueuse de l'environnement et des animaux, car elle génère moins d'émissions de carbone et ne soulève pas la question du bien-être animal.

Les matières secondaires

Il existe également des matières premières secondaires, qui sont des matières recyclées, naturelles ou synthétiques. Elles peuvent être produites par des procédés mécaniques ou chimiques.

Aujourd’hui, moins de 1% des tissus qui composent nos vêtements sont recyclés pour en fabriquer de nouveaux (Source : Fast fashion is creating an environmental crisis, Newsweek, 2016), et les matières recyclées issues de textiles usagés sont principalement utilisées dans d'autres industries : automobile, isolation, etc.

Cependant, utiliser des matières recyclées comme matières premières a moins d’impact sur l’environnement que toutes les autres recommandations que nous avons mentionnées ci-dessus ! En effet, pour pouvoir recycler des matières, il faut d’abord s'assurer que la matière première était de bonne qualité et que la matière secondaire pourra résister suffisamment longtemps. Ensuite, nous évitons de mélanger des matières difficiles à séparer pour faciliter et accélérer le processus de récupération des matières. Enfin, nous déposons les vêtements que nous n’utilisons plus dans les points de collecte et de tri afin qu'ils soient récupérés ! Aujourd’hui, alors que chaque Français achète en moyenne 9,5 kg de textiles et chaussures par an, seuls 3,4 kg sont récupérés (Source : Le revers de mon look, ADEME).

Nos (humbles) recommendations 

Recommendation #3:

Dans la catégorie des matières synthétiques la matière qui a (sujet à discussion) un effet moindre sur l’environnement est le lyocell.

  • Le lyocell

Le lyocell est une alternative supérieure à la viscose, car même s'il est obtenu à partir de cellulose de bois, la viscose nécessite l'utilisation de divers procédés chimiques et toxiques.

Le lyocell (souvent appelé Tencel) est une fibre plus écologique produite à partir de pulpe de bois issue de forêts gérées durablement, certifiées FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC (Pan European Forest Certification), et d'un solvant non toxique, recyclé et récupéré à 99,77%.

Généralement, la pulpe de bois utilisée pour la production de lyocell provient d'arbres plantés spécifiquement à cette fin. Les forêts de pins, d'eucalyptus et de bambous sont certifiées durables et ont un faible impact environnemental. Les arbres utilisés présentent une faible consommation d'eau ; c’est le cas de l'eucalyptus, qui n'a besoin que de la quantité d'eau de pluie pour grandir, sans nécessiter de pesticides ni de système d'irrigation intensif comme le coton (Source : WeDressFair).

Si vous allez/devez utilisez des fibres synthétiques, le lyocell est sûrement la matière à privilégier, cependant nous recommandons vivement d’utiliser des fibres naturelles qui sous les bonnes conditions ont un impact inférieur sur la planète et la santé des travailleurs come indiqué ci dessous:

Recommendation #2 :

Si vous avez décidé d’utiliser des fibres naturelles plutôt que synthétiques, voici les matière qu’on vous recommande !

  • Le lin biologique : Cette fibre végétale est cultivée principalement dans le nord de la France et en Belgique. Le lin biologique pousse naturellement grâce à la chaleur du soleil et l'eau de pluie, nécessitant peu ou pas de pesticides. Sa transformation est également peu énergivore. De plus, le lin est léger, résistant, absorbant et thermorégulateur.
  • Le chanvre biologique : Le chanvre est une matière végétale et naturelle, respirante. Ses fibres sont résistantes, thermorégulatrices et absorbent très bien l'humidité. La culture du chanvre pollue très peu, se développe sans irrigation et nécessite peu ou pas d'engrais ou de pesticides.
  • Le coton biologique :

Recommendation #1 (notre préférée) :

  • Privilégions autant que possible les matières recyclées !! Qu’elles soient issues de fibres naturelles ou synthétiques, les matières secondaires ont un impact beaucoup plus petit que les autres fibres !